Elio est hospitalisé depuis le 7 juillet dernier, suite à la combinaison d'une grave pneumopathie, d'une septicémie et d'un état de mal épileptique. Ce dernier drame l'a fait beaucoup régresser du point de vue neurologique, en entrainant différents dysfonctionnements douloureux. Nous croyons en sa capacité à récupérer ses facultés acquises et à manifester de nouveau sa joie de vivre.
Les difficultés actuelles d'Elio, à près
de 2 ans sont les suivantes :
- dystonie, qui
se manifeste notamment par des difficultés à saisir les objets ou ses propres
membres et par des mouvements désordonnés,
- raideur des 4
membres,
- strabisme et
hypermétropie nécessitant le port de lunettes,
- position assise
impossible seul,
- tenue de tête
non acquise,
- rampé non
acquis,
- retournement
du dos sur le ventre non acquis,
- déglutition
difficile avec des substances trop liquides,
- fragilité
ORL, surtout au niveau des sinus.
Atitre de
comparaison, un enfant de 6 mois doit mormallement se tenir assis et se
retourner.
Un enfant de 12
mois sait ou commence à se déplacer debout.
Certaines difficultés (sonde
naso-gastrique, problèmes de transit) ont heureusement été surmontées dans les
4 premiers mois.
Les médecins font généralement un
pronostic sur les handicaps futurs d'un enfant à partir de ses 2 ans, âge
auquel la maturité neurologique est jugée suffisante pour pouvoir se prononcer.
Les deux difficultés majeures d'Elio sont
la spasticité, qui se caractérise par des contractions ou extensions exagérées
des muscles des bras et des jambes, et l'hypotonie axiale, qui elle se
caractérisque par une faiblesse du tonus musculaire du dos et du cou.
Origine des difficultés :
Il est communément admis dans les salles
d'acouchement qu'un bébé ayant souffert d'une hypoxie ou d'une anoxie d'une
durée supérieure à 10 mn a peu de chance de s'en sortir sans séquelle. En
dessous de 10mn, un mécanisme d'adptation permet en général au bébé de
récupérer. Le score d'APGAR mesuré systématiquement dans les premières minutes
de vie est un indicateur de la santé et de la récupération d'un nourrisson. Il
consiste à coter 5 paramètres à 0, 5 puis 10mn après la naissance :
La fréquence cardiaque, qui ne doit pas
descendre au-dessous de 80, se situe normalement au-dessus de 100
battements par minute.
Les mouvements respiratoires, dont l’efficacité
se traduit par un cri vigoureux, et une respiration régulière.
La coloration de la peau qui doit être
totalement rose.
Le tonus musculaire qui doit être bon : il se
traduit par une flexion convenable des membres.
Les réactions à la stimulation : l’enfant doit pleurer
ou crier à la naissance.
Pour un enfant naissant sans le moindre
soucis, il est 10. Pour Elio, il était de 0 à l'extraction (état de mort
apparente), 3 au bout de 5mn puis 4 au bout de 10mn ; ce qui bien évidemment ne
présageait rien de bon pour la suite, un score d'AGPAR inférieur à 5 au bout de
10mn étant réputé très préoccupant pour un enfant naissant à terme.
Le premier
électro-encéphalogramme effectué quelques heures après la naissance d'Elio a
confirmé qu'il y avait une probable atteinte de son intégrité cérébrale, les
signes cliniques évalués les jours suivants (apnées respiratoires, défaut de
succion, mouvements anormaux, hypotonie) n'ont fait que ternir le pronostic,
qui ne nous a été énoncé clairement par le corps médical qu'après plusieurs
mois.
Elio a donc été
victime d'une souffrance foetale aigue, qui se traduit en fait par une asphyxie
entraînant la nécrose de cellules nerveuses. C'est ce qu'on appelle une lésion
cérébrale, confirmée dans les premiers mois dans le cas d'Elio par les
différents examens cliniques et l'imagerie cérébrale (IRM).
Le cerveau est
très complexe. Il existe des enfants dont les lésions sont visibles à l'IRM qui
n'ont pas de difficultés motrices ou mentales apparentes. En fait tout dépend
semble-t-il de la zone touchée.
Suite à un souffrance foetale, c'est
souvent les zones les plus fragiles du cerveau qui sont touchées, en l'occurence
les noyaux gris centraux.
Chez Elio, la
première IRM, faite un peu avant ses 2 mois, met en évidence des lésions au
niveau des 2 Putamen et probablement du Globus Palidus Externe. L'atteinte du
Globus Pallidus Interne et des noyaux sera à vérifer à la seconde IRM. Ces
ganglions font partie des noyaux de la base, qui jouent un rôle important dans
la régulation des mouvements. J'essayerai plus tard de vulgariser sur cette
page les notions assez complexes de développement de la motricité.